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C’est pas de ma faute

avril 2018

Imaginez : Vous êtes au travail. Votre chef, énervé, vous demande le rapport mensuel que vous deviez lui remettre hier. Vous aviez du temps pour le préparer, mais vous avez été happé par autre chose et avez complètement oublié.

Regardons ensemble quelles sont les attitudes les plus fréquentes.

Ignorer ou nier le problème ?

Parfois, on n’a pas conscience qu’il y a un problème. Pour nous, tout va bien et nous ne comprenons pas ce qui ne va pas. On répond avec des phrases comme « et alors, où est le problème ? », comme si ça se passait ailleurs.

C’est un peu différent lorsqu’on se rend compte qu’il y a un souci, qu’on a plutôt envie de l’éviter et de se soustraire à ses conséquences. Nous sommes alors tenté de minimiser les choses, par un « c’est pas un problème » plutôt désinvolte. Nous nous auto-persuadons que le problème ne vient pas de nous, que nous n’y pouvons rien. Nous nions ou minimisons les conséquences et nous finissons même par nous convaincre que nous avons eu la bonne attitude, que « ce n’est pas mon problème ».

Vous conviendrez que dans le cas qui nous occupe, ces attitudes ne trouveront pas chez votre patron l’effet apaisant escompté…

Accuser l’autre et se justifier ?

Notre monde moderne cherche des responsables, et même des coupables. Comme il faut bien trouver un responsable, l’idée que ce n’est pas mon problème m’amène à accuser l’autre, et à me justifier pour me dédouaner : « ce n’est pas ma faute ».

« C’est la faute de l’Europe, du gouvernement, du service d’à côté… ». Accuser l’autre permet de me dégager de ma responsabilité : c’est la faute du patron qui n’a pas été suffisamment clair ou de votre collègue qui vous a dérangé …  Si ça ne suffit pas, on peut accuser l’institution ou le « système » de façon globale : « on n’a pas les moyens nécessaires, on nous a supprimé des effectifs, on n’est pas formé pour… » En utilisant le « on » impersonnel, je n’ai pas besoin de me confronter à une personne réelle, ni à me remettre en cause au sein de ce « système » qui me dépasse.

En mode défensif, nous trouvons plein de prétextes : fatigué en ce moment (car le petit dernier fait ses dents), nous avons du mal à nous concentrer (à cause de la charge de travail et de l’ambiance) … Au lieu de mettre notre énergie à trouver une solution, nous l’utilisons plutôt pour tenter de mettre notre responsabilité hors de cause. Mais la justification a aussi un coût, car la justification d’une erreur renforce l’erreur et la prolonge. C’est un piège sans fin. La seule façon d’arrêter de se justifier est d’accepter l’erreur. « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum »

Colorées de peurs et de jugements, ces attitudes fréquentes sont orientées sur le problème, et aucun de ces comportements ne vous aidera à trouver une solution. Comment « inverser la vapeur » et se centrer sur des solutions ?

Une autre manière de faire ?

Le premier pas est d’assumer que oui, effectivement, vous n’avez pas rendu votre rapport à temps et vous êtes en retard. Cette attitude responsable rassure sur votre capacité à faire face à la réalité et sur votre volonté d’amélioration. L’acceptation et la reconnaissance de l’erreur limitent ses effets et sa répétition.

Il va falloir également trouver très vite une solution pour que votre patron puisse disposer rapidement des données les plus importantes parmi celles qu’il attendait. C’est ce que l’on nomme « pallier » la situation, par une solution temporaire qui permette de limiter l’impact du problème, ce qui laisse le temps de rechercher activement, et d’imaginer  des solutions durables.

Ainsi vos comportements sont constructifs et aident à résoudre le problème.

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