M.B - Marie-Claire Jelen, vous êtes d’accord avec moi, on parle de stress comme d’un
phénomène de mode.
Oui, parce que c’est dans l’air du temps ; mariage, séparation, divorce, entrée dans la vie active, maladie,
scolarité, perte d’emploi, déménagement, grossesse… toutes ces situations sont source de stress, parce que
dans nos
quotidiens, tout changement bouscule notre équilibre et brouille nos repères. Nous utilisons souvent
le mot stress
comme synonyme de tension, de pression.
M.B - Mais qu’en est-il, qu’est-ce que ce stress ?
En fait, le stress est une réaction de l’organisme pour l’aider à faire face à un évènement et à s’adapter dans
le but
de conserver l’équilibre.
M.B -Peut-on parler d’une forme de “violence” morale ?
Oui, même si le mot est un peu fort, puisque c’est une réponse de notre organisme à une agression subie,
quelle
qu’elle soit, c’est-à-dire physique, comme une blessure, une douleur, voire un choc opératoire… ou bien
psychologique, comme une agression verbale, une situation menaçante ou encore un choc affectif….
M.B- On dit que certains cas de stress sont ressentis comme un état négatif, et parfois positif,
qu’en est-il ?
Tout dépend de la façon dont il est provoqué et vécu, le stress se compose de 3 éléments : le “stresseur”
facteur de stress ou situation d’alarme, la réaction, et la phase de récupération. Quand le stress est ponctuel,
une fois
l’avertissement passé, le corps reconstitue ses réserves et tout va mieux. Dans ce cas-là le stress
peut parfois
être un moteur d’action, et donc positif. Mais quand le stress devient chronique, l’organisme entier
s’épuise.
A quelques symptômes (agitation, difficulté d’élocution, défaut de concentration…) peuvent s’en ajouter
d’autres qui
deviennent récurrents (troubles du sommeil, pensée confuse, fatigue…) et peuvent parfois s’amplifier
jusqu’à
la dépression.
M.B - Comment faire pour ne pas en arriver au stade de la dépression ?
Vous avez la possibilité d’agir sur 2 des 3 éléments décrits précédemment, pour réduire le stress, ou au moins le
gérer efficacement :
- agir sur la phase de récupération en améliorant votre capacité à détendre vos tensions
(par des techniques de relaxation par exemple) et en adoptant une bonne hygiène de vie.
- réduire l’importance
de
votre réaction par rapport à la situation de stress, en apprenant des techniques de développement personnel
(déculpabilisation, attitude positive, meilleure image de soi…).
M.B - Oui, j’entends bien, mais comment faire concrètement ?
Alors, d’abord il est important de repérer les situations qui nous mettent en état de stress avec leurs
manifestations
corporelles. Prendre conscience de ce qui se passe en nous, identifier les émotions qui nous
submergent, sera le
premier pas pour agir sur elles et apaiser le corps.
Il est très important de comprendre la deuxième étape, qui sera de modifier notre façon de considérer les choses.
Je m’explique : lorsqu’on vit un stress, par exemple au moment de parler en public ou de passer un examen, tout
l’organisme est mis en alerte comme s’il risquait d’y laisser sa peau, alors qu’il ne s’agit pas de survie mais bien
de l’image que l’on se fait de soi ! Le cerveau ne fait pas la différence entre la réalité et l’image de celle-ci.
De même
que nous sommes capables de nous mettre dans tous nos états à la seule évocation d’un scénario
catastrophe.
Pour ne pas tomber tout le temps dans le même piège des réactions conditionnées, il est nécessaire
de s’entraîner à d’autres pensées et attitudes. Et aussi curieux que cela puisse paraitre, eh bien, cela s’apprend !
Tout le monde
possède les ressources permettant de faire face efficacement à une nécessité d’adaptation,
en revanche, chacun n’a
pas forcément accès à ses ressources.
M.B - On entend parfois dire que le stress est un mal nécessaire, ou encore qu’on peut gérer
“son” stress, qu’en pensez-vous ?
Je reçois de plus en plus de personnes concernées par une ou plusieurs situations de stress…
C’est pourquoi, je
propose une journée d’atelier pour apprendre à apprivoiser son stress et à maintenir son équilibre dans des
situations déstabilisantes. Mon but est de donner des moyens de gérer le stress par une meilleure connaissance
de soi. C’est-à-dire : identifier les obstacles, prendre conscience de ses possibilités et les mobiliser, acquérir des
techniques pour réguler son stress. Cela se fait par des exercices de détente corporelle, une (re)connaissance
de ses
ressources, une méthode de questionnement facilement réutilisable, et des expériences de pensées
positives et de
ressourcement. Chacun réfléchit sur soi, œuvre concrètement pour son objectif. Chacun repart
avec un plan d’actions
personnel, nourri des expériences de la journée et enrichi par les échanges mutuels.
Le résultat est vraiment très
palpable.